Enfants et adolescents : nourrir la croissance sans régime d’adulte
Un enfant n’est pas un adulte en réduction. La croissance, la puberté et l’activité modifient les besoins ; un tableau nutritionnel doit soutenir des repas suffisants, jamais devenir un objectif de sèche ou de restriction.

Valeurs EFSA vérifiées par âge et sexe ; aucune restriction calorique, aucun jeûne ni protocole de supplémentation pédiatrique proposé. Synthèse pédagogique, sans relecture médicale indépendante revendiquée.
Sources consultées le 2026-10-09Le suivi de croissance passe avant les calculateurs
L’âge, le rythme de croissance, la puberté, l’activité et la santé comptent davantage qu’une comparaison avec le menu d’un camarade. Les références présentées ci-dessous sont celles de l’EFSA pour des populations en bonne santé. Elles ne prédisent pas les besoins exacts d’un enfant et n’expliquent pas à elles seules son poids.
Cette page concerne surtout les années scolaires et l’adolescence. Elle ne remplace pas les conseils propres au nourrisson ou à la diversification. Si la croissance, l’appétit ou l’évolution du poids inquiètent, le médecin et le diététicien pédiatrique peuvent examiner la trajectoire complète, sans juger l’enfant sur une photo.
Protéines : lire l’âge exact et l’unité
Dans les tables EFSA, le PRI protéique est par exemple de 0,86 g/kg/jour à 4 ans, de 0,91 g/kg/jour à 10 ans et, à 17 ans, de 0,86 pour les garçons et 0,83 pour les filles. Ce sont des exemples à des âges précis, pas une formule continue inventée entre deux lignes.
Ces chiffres servent à apprécier une alimentation et tiennent compte de la croissance dans leur construction. Ils ne constituent pas un quota de poudre à donner à l’enfant. Les protéines proviennent aussi des céréales, légumes secs, laitages, œufs, poisson et autres aliments choisis dans la famille. Une pratique sportive ne rend pas automatiquement nécessaire une gamme de compléments pour adultes.
Ne pas supprimer les glucides ou les matières grasses
Les plages EFSA sont de 45 à 60 % de l’énergie pour les glucides à partir de 1 an. Pour les lipides, elles sont de 35 à 40 % entre 1 et 3 ans et de 20 à 35 % entre 4 et 17 ans. Ces différences illustrent pourquoi une assiette adulte pauvre en matières grasses ne se transpose pas mécaniquement aux petits.
Il ne s’agit pas de faire compter les pourcentages à un enfant. Des repas variés et disponibles, avec une place pour les féculents et les sources de matières grasses, sont plus utiles qu’une application de contrôle. Les portions s’adaptent à la faim, aux activités et à la situation, avec accompagnement si les prises alimentaires deviennent difficiles.
Calcium, fer et vitamine D : quelques repères sélectionnés
Calcium, PRI EFSA : 800 mg/jour de 4 à 10 ans, puis 1 150 mg/jour de 11 à 17 ans. Fer, PRI : 11 mg/jour entre 7 et 11 ans ; de 12 à 17 ans, 11 mg/jour chez les garçons et 13 mg/jour chez les filles. L’AI de vitamine D est de 15 µg/jour de 1 à 17 ans, avec une synthèse cutanée minimale supposée.
Ce sont des apports, pas des doses de comprimés. Règles abondantes, alimentation excluant plusieurs groupes, allergie ou maladie peuvent justifier une appréciation individuelle. Les consignes de prévention ou de supplémentation données pour l’enfant par son professionnel ne se remplacent pas par ces nombres généraux.
Fibres et eau : conserver les bonnes tranches d’âge
Les AI EFSA pour les fibres sont de 14 g/jour à 4–6 ans, 16 g à 7–10 ans, 19 g à 11–14 ans et 21 g à 15–17 ans. L’âge de transition n’est donc pas identique à celui du calcium. La diversité des fruits, légumes, céréales et légumes secs permet de travailler la qualité des repas sans transformer chaque bouchée en calcul.
Pour l’eau totale, l’AI est de 1,6 L/jour à 4–8 ans ; à 9–13 ans, 2,1 L pour les garçons et 1,9 L pour les filles ; à 14–17 ans, 2,5 et 2,0 L respectivement. Ces volumes incluent les aliments et toutes les boissons, dans des conditions modérées. Ils ne sont pas des litres d’eau pure à imposer en plus des repas.
Construire des habitudes plutôt qu’un programme de perte de poids
Des horaires compatibles avec l’école, des repas accessibles et une collation adaptée quand elle est utile peuvent faciliter la journée. L’Anses attire notamment l’attention sur les produits sucrés chez les enfants ; cela ne signifie pas interdire tous les glucides ni moraliser les aliments. Éviter la culpabilisation aide à garder l’échange centré sur les besoins.
Nous ne proposons ni déficit calorique, ni jeûne intermittent, ni sèche aux mineurs. Healthdirect déconseille les programmes de jeûne aux enfants et adolescents. Un problème de poids demande un accompagnement qui protège la croissance et la relation à l’alimentation, pas la reprise d’un défi destiné aux adultes.
Situations à discuter avec un professionnel
Une alimentation végétalienne exige notamment de sécuriser la vitamine B12 ; un assemblage de végétaux non enrichis ne suffit pas à garantir cet apport. Une allergie, des difficultés à avaler, une fatigue persistante ou des repas devenus très restreints nécessitent aussi une attention particulière.
Sauter régulièrement les repas par peur de grossir, s’entraîner malgré l’épuisement ou vivre les mesures corporelles avec angoisse sont des raisons de demander de l’aide. Les parents peuvent apporter des exemples de journées et les étiquettes des produits, sans imposer un journal de contrôle permanent. L’objectif est de soutenir la santé et le développement de l’enfant, pas de rentabiliser un complément.
Exemples EFSA pour la croissance, sans objectif de restriction
• Protéines — 4 ans, garçons et filles : 0,86 g/kg/j (PRI). Âge exact ; pas une plage extrapolée.
• Protéines — 10 ans, garçons et filles : 0,91 g/kg/j (PRI). Âge exact ; pas une plage extrapolée.
• Protéines — 17 ans, garçons : 0,86 g/kg/j (PRI). Âge exact.
• Protéines — 17 ans, filles : 0,83 g/kg/j (PRI). Âge exact.
• Glucides — 1–17 ans : 45–60 % de l’énergie (RI). Référence de population.
• Lipides — 1–3 ans : 35–40 % de l’énergie (RI). Référence de population.
• Lipides — 4–17 ans : 20–35 % de l’énergie (RI). Référence de population.
Ces données n’alimentent pas un calculateur de perte de poids ou un programme de jeûne pour mineurs.
Les apports protéiques portent sur l’ensemble de l’alimentation, pas les poudres.
Fibres et eau totale : conserver les tranches d’âge propres à chaque nutriment
• Fibres — 4–6 ans : 14 g/j (AI). Alimentation totale.
• Fibres — 7–10 ans : 16 g/j (AI). Alimentation totale.
• Fibres — 11–14 ans : 19 g/j (AI). Alimentation totale.
• Fibres — 15–17 ans : 21 g/j (AI). Alimentation totale.
• Eau — 4–8 ans, garçons et filles : 1,6 L/j (AI). Eau des aliments et de toutes les boissons.
• Eau — 9–13 ans, garçons : 2,1 L/j (AI). Eau des aliments et de toutes les boissons.
• Eau — 9–13 ans, filles : 1,9 L/j (AI). Eau des aliments et de toutes les boissons.
• Eau — 14–17 ans, garçons : 2,5 L/j (AI). Eau des aliments et de toutes les boissons.
• Eau — 14–17 ans, filles : 2 L/j (AI). Eau des aliments et de toutes les boissons.
Eau : conditions de température et d’activité modérées ; ne pas ajouter ce volume d’eau pure à l’alimentation habituelle.
La consommation réelle dépend du contexte ; une prescription médicale prime.
Calcium, fer et vitamine D pendant la croissance
• Calcium — 4–10 ans, deux sexes : 800 mg/j (PRI). Apport total.
• Calcium — 11–17 ans, deux sexes : 1150 mg/j (PRI). Apport total.
• Fer — 7–11 ans, deux sexes : 11 mg/j (PRI). Apport total.
• Fer — 12–17 ans, garçons : 11 mg/j (PRI). Apport total.
• Fer — 12–17 ans, filles : 13 mg/j (PRI). Apport total.
• Vitamine D — 1–17 ans, deux sexes : 15 µg/j (AI). Hypothèse de synthèse cutanée minimale.
Ces apports ne constituent pas des posologies de supplémentation pédiatrique.
Les tranches d’âge ne sont pas interchangeables entre nutriments.
Sources et ressources
- EFSA — Tableaux des références nutritionnelles, version de septembre 2017
- EFSA — Apports de référence pour les protéines, 2012
- EFSA — Lipides et acides gras, avis 2010
- EFSA — Glucides et fibres alimentaires, avis 2010
- EFSA — Calcium : références par âge, avis 2015
- EFSA — Fer : références selon la population, avis 2015
- EFSA — Vitamine D : apports satisfaisants, avis 2016
- EFSA — Eau totale, avis 2010
- Anses — Repères alimentaires des enfants et autres populations spécifiques, 2019
- Assurance Maladie — Alimentation des adolescents, mars 2025
- NIH ODS — Vitamine B12 : sources, absorption et populations à risque
- Healthdirect — Jeûne intermittent : populations auxquelles il ne convient pas
Consultez les sources pour leur version actuelle.